Assemblée Générale OLES Japon samedi 8 décembre 2018

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Chers Adhérentes et chers Adhérents,
Monsieur l’Ambassadeur et cher Laurent,
Madame la Consule, chère Marie-Hélène,
Cher-e-s Ami-es

Bienvenue à toutes et à tous à l’Assemblée Générale de l’OLES Japon et merci de votre présence malgré vos très nombreuses occupations en cette fin d’année très chargée.

Tout d’abord, permettez-moi de remercier très sincèrement Madame Sakai-Mink , directrice de l’Institut français de recherche sur le Japon à la Maison franco-japonaise, pour avoir à nouveau cette année,  très généreusement accepté d’accueillir l’Assemblée Générale annuelle de l’OLES Japon alors qu’aujourd’hui même elle était avant tout tenue par un colloque sur le cinéma muet qui se tient en ce moment à l’auditorium de la MFJ où du reste elle invite ceux qui le souhaiteraient à venir assister à partir de 18H00 à une séance de projection de cinéma muet dans la tradition c’est-à-dire je crois avec un accompagnement musical live. Madame Sakai-Mink a toujours considéré le rôle de l’OLES comme essentiel comme acteur de la solidarité pour lutter contre le fatalisme de l’indifférence et des inégalités que celui-ci engendre et c’est donc conformément à ses propres valeurs et selon ses convictions qu’elle a mis cette salle à notre disposition.

Nous sommes très heureux d’être honorés par la présence de Monsieur Laurent Pic, Ambassadeur de France.    Monsieur l’Ambassadeur, cher Laurent, votre prise de fonction a marqué un renouveau important pour la vie associative française qui a retrouvé la confiance après une période d’éclipse, votre présence parmi nous cet après-midi malgré de nombreuses obligations en témoigne ; vous témoignez d’une constante attention et bienveillance à l’égard de la communauté française qui vous en est très reconnaissante. Le bien-être de nos compatriotes vous préoccupe dans sa composante sociale et humaine ce qui rejoint la culture associative, j’en veux pour preuve votre présence au comité des Bourses et au CCPAS, (Comité Consulaire pour l’Action Sociale) que vous présidez très régulièrement, mais aussi votre engagement à œuvrer de toute votre force pour faire avancer la question de la garde partagée pour les pères privés de leurs enfants qui est un sujet qui, malheureusement, revient très souvent dans les dossiers que l’OLES a à traiter. Enfin, je tiens à saluer votre intervention très courageuse et assidue dans le cadre du drame tragique de l’été concernant la disparition de Tiphaine Véron, affaire très douloureuse qui dépasse désormais les compétences associatives et pour laquelle nous devons faire confiance à vos services pour le suivi des relations avec les autorités de police japonaises pour poursuivre et orienter les recherches.

Je salue à présent notre Consule, Marie Hélène Teylouni, arrivée au Japon en septembre et qui, en quelques mois, a pu découvrir la pluralité et le dynamisme de la vie associative française au Japon avec une très grande diversité d’activités culturelles et sociales, toutes apportant leur contribution à la vie de la communauté française du Japon et contribuant ainsi à créer un tissu social associatif d’une très grande richesse. Dans le cadre de l’exercice de son activité régalienne, Marie Hélène a dû aussi très vite entrer dans le bain de l’action consulaire de proximité avec plusieurs cas sociaux sur lesquels l’OLES a aussi contribué à apporter son concours en tant qu’acteur auxiliaire et complémentaire à l’action consulaire pour l’aide sociale. L’OLES doit se féliciter d’avoir pu trouver auprès de notre nouvelle Consule une interlocutrice réceptive et ouverte avec laquelle la gestion des dossiers se partage en bonne intelligence. Nous la remercions et nous l’encourageons à garder une relation de proximité avec la communauté française ‘’qui a besoin qu’on l’aime’’ !

Ensuite, je m’adresse à nos élus, Conseillers Consulaires, qui, depuis le début, se sont toujours engagés en faveur de l’OLES pour les remercier de faire activement campagne pour l’OLES chaque fois qu’ils en ont l’occasion. Evelyne Inuzuka, vice-présidente du Conseil Consulaire pensait pouvoir être avec nous cet après-midi mais elle est retenue en France, elle nous a adressé un mot pour s’excuser avec un message de soutien très chaleureux, de même pour Thierry Consigny qui est à Paris où il est convoqué pour participer au Conseil d’Administration de la CFE, la Caisse de Sécurité Sociale des Français de l’Etranger, il travaille donc pour nous en ce moment.  Seul actuellement présent au Japon, notre ami François Roussel, un des murs porteurs de l’OLES, membre du Bureau, l’un de nos deux vice-présidents avec Michel Lachaussée représentant respectivement l’un et l’autre les deux associations reconnues d’intérêt public FdM/ADFE et l’UFE, je les remercie tous les deux pour leur confiance et leur engagement sans faille.

Enfin, l’OLES Japon étant une « construction collective »qui fédère 17 associations représentatives de la communauté française du Japon dans toute sa diversité socio-culturelle et pluralité d’opinions, unies pour renforcer le lien social afin de venir en aide au plus défavorisés de nos compatriotes, mes collègues, Ayano, Michel, François, Eric et moi-même nous sommes très heureux d’être honorés aujourd’hui de la présence et de la participation de plusieurs présidents dont leur association est Membre Fondateur de l’OLES. Je les salue et je les remercie eux aussi de leur engagement à soutenir l’OLES. Bien entendu l’OLES n’est évidemment pas le seul acteur de la Solidarité dans la communauté française du Japon, chaque association dans le domaine répondant à sa vocation contribue à la solidarité et à resserrer le lien social, néanmoins il y aura toujours la possibilité de mieux coordonner entre nous toutes les bonnes volontés disponibles.

Je salue donc :

-Pour l’AFJ, Eric Gotti, président, Francesca Gotti vice-présidente, Bernard Souroque ancien président et conseiller du nouveau président, Wheymar Deffradas responsable solidarité au sein de l’AFJ
-Pour l’AFFJJ, Christian Raphalen, président et Florence Gay, secrétaire
-Pour Sciencescope, Thomas Silverstone, président
-Pour la Fédération des Professeurs Français Résidant à l’Etranger Anita Morikawa

Ces salutations de courtoisie ont été un peu longues, je m’en excuse, mais elles étaient importantes ; l’OLES a la culture de la courtoisie et de la bienveillance dans ses rapports avec les autres ; la vie associative est un engagement exigeant elle ne doit pas non plus devenir stressante, les débordements sont toujours à craindre, c’est pourquoi nous insistons pour que la vie associative soit toujours vécue de façon amicale et respectueuse des uns et des autres.

À présent je déclare donc ouverte l’Assemblée Générale annuelle de l’OLES Japon :

Au moment où notre pays est confronté à un profond malaise exprimé par les « gilets jaunes » on doit vraiment mesurer l’importance de la cohésion sociale dans notre communauté française du Japon, c’est en grande partie le rôle et la responsabilité de la vie associative dans toute sa diversité et le respect des convictions de chacun de favoriser « le vivre ensemble », dont selon les mots d’Ernest Renan l’unité repose sur « un plébiscite de tous les jours ». Cela fait donc partie aussi de la Mission de l’OLES d’être non seulement un acteur de la solidarité mais aussi à travers son action d’entraide de réduire les inégalités du destin en contribuant à promouvoir un plus grand besoin d’égalité et de fraternité, fondement de notre société, afin de limiter les débordements de mécontentements.

Participer à une Assemblée Générale de l’OLES, j’en conviens, n’est pas franchement un moment ludique, c’est d’abord un moment de Fraternité.  Au cours de cet après-midi nous allons avant tout vous faire plonger dans les difficultés morales ou matérielles que peuvent rencontrer certains de nos compatriotes ici au Japon. C’est donc de l’ombre de notre communauté dont nous allons vous parler, ce dont beaucoup se refusent à vouloir voir et à en entendre parler. Dans une communauté de façon générale plutôt favorisée il y a facilement une perte de mémoire que le malheur existe, passer de la compassion à l’engagement n’est pas facile. Il y a donc beaucoup de bonnes excuses pour ne pas venir participer à une Assemblée Générale de l’OLES car c’est la certitude de se sentir mal à l’aise et d’avoir peut-être à réfléchir aussi à quoi tient sa propre réussite, il y a ainsi toute une stratégie pour fermer les yeux et se boucher les oreilles même chez certains de nos adhérents très enthousiastes et très généreux à l’égard de l’OLES pour qui la qualité de Membre de l’OLES Japon est suffisante pour donner bonne conscience. C’est ainsi, et je ne suis donc pas étonné de constater aujourd’hui une participation qui doit être qualifiée de confidentielle mais, néanmoins, qui témoigne de la part, de vous qui êtes présents, d’un éveil élevé de votre prise de conscience personnelle et sociétale. Merci donc de votre présence et de votre soutien engagé ; la force morale de l’OLES c’est votre engagement que nous essayons de transformer en force d’action. Comme nous l’avons défini : « l’OLES c’est la Solidarité en action »

Dans cette indifférence, il est parfois bien difficile de mesurer de la force du « Contrat Social » qui nous uni comme du degré de fraternité et d’attention que notre communauté est prête à porter aux formes diverses des problèmes sociétaux qui la traversent qui, la plupart du temps, sont considérés comme des cas improbables ou marginaux. C’est la raison pour laquelle, comme vous pouvez le lire sur les T-shirts que portent aujourd’hui les Membres du Bureau de l’OLES nous avons choisi de placer cette année notre Assemblée Générale sous le thème : « A LIFE LIVED FOR OTHERS IS A LIFE WELL LIVED » autrement dit : « UNE VIE CONSACRÉE AUX AUTRES EST UNE VIE BIEN VÉCUE » ! La doctrine républicaine et la doctrine chrétienne s’y retrouvent et s’y rejoignent et cela rejoint également la recommandation de Kant dans le Fondement de la Métaphysique des Mœurs que le Bureau de l’OLES fait complètement sienne : « Agis toujours de telle façon que tu traites l’humanité dans ta propre personne »

L’OLES fait mais ne le fait pas suffisamment savoir, le but de l’Assemblée Générale de l’OLES est donc, dans la mesure de notre devoir de réserve, de lever une partie du voile sur cette part d’ombre qui existe. A travers les 32 cas que l’OLES a eu à connaître et a traité au cours de cet exercice 2017- 2018 vous pourrez mesurer l’engagement de l’OLES et aussi évaluer sa capacité à résoudre des cas humains grâce à une action réaliste et adaptée à chaque cas qui sans cette intervention auraient pu parfois tourner au désastre et voire même au tragique. Ces cas seront analysés et vous seront présentés dans quelques minutes par Michel Lachaussée et François Roussel en complément à ce rapport moral.

Depuis trois ans l’OLES a fait ses preuves et a acquis une réelle expertise et une compétence qui sont aujourd’hui reconnue dans le traitement de la « Solidarité de Proximité » dans le cadre de la CCPAS en complément à l’action régalienne du Consulat.  De façon opportune, selon une opinion croissante, le moment semblerait donc venu de clarifier officiellement la position et le rôle de l’OLES en tant « qu’acteur de la solidarité de proximité » dans le cadre associatif au niveau de la communauté française pour en simplifier la compréhension et l’accès. Ce sujet reste pour le moment ouvert et devrait faire l’objet d’une réunion de concertation placée sous le signe de la bienveillance dans un proche avenir. La solidarité n’est ni une affaire de compétition ni de concurrence. Je rappelle que l’OLES Japon, à l’appel de l’Ambassade de France, a été initialement conçue pour mutualiser l’ensemble des compétences et des moyens associatifs pour le bien commun de tous. Après trois ans le moment serait peut-être venu de parachever cette construction.

Ces trois années d’expérience au travers des divers cas qui se sont présentés à l’OLES, (98 au total), ont également permis de mettre en évidence que la mission de l’OLES n’est pas uniquement de distribuer des aides financières ou de prendre en charge le rapatriement de certains compatriotes s’étant fourvoyés au Japon. Mais c’est de plus en plus aussi un véritable rôle d’ONG humanitaire, c’est-à-dire d’accompagnement qui sort du périmètre de l’action régalienne du Consulat et le libère en quelque sorte de tâches chronophages mais qui néanmoins requiert une très bonne coordination avec les services consulaires car cette action se situe très souvent soit en amont de la nécessité d’une intervention du Consulat, soit en complémentarité ou encore en prolongement de celle-ci. Pour cela l’OLES doit donc agir en bonne intelligence avec le Consulat et c’est une des raisons pour lesquelles une relation de confiance doit prévaloir fondée sur un partenariat privilégié entre l’OLES et le Consulat. Cette complémentarité intelligente a été réellement vécue au cours de cet exercice soit avec Corentin Faiche soit à sa suite avec Marie Hélène Teylouni sur des cas très compliqués et a aussi permis de résoudre plusieurs cas sensibles. C’est l’honneur de l’OLES d’y avoir contribué et on peut aussi dire que c’est l’honneur de la France de savoir être à l’écoute de ses compatriotes en situation de détresse à l’autre bout du monde. L’OLES est donc aujourd’hui une réalité socialement utile pour notre communauté et pour la France et la preuve que nous sommes une collectivité de français de l’étranger responsable et fraternelle.

Ainsi l’OLES consacre de plus en plus de temps à « un véritable travail d’assistance sociale » qui requiert énormément d’écoute, oblige à des rencontres fréquentes, des recherches précises d’informations, de conseils juridiques, de traduction, de correspondances avec les familles en France des personnes en situation difficiles au Japon et un suivi facultatif mais auquel nous tenons auprès des personnes dont l’OLES a dû s’occuper. Cela met en évidence la démarche avant tout humaniste qui est celle qu’a choisi le Bureau de l’OLES pour mener à bien la Mission que vous lui avez confiée. Cet engagement, vous l’avez bien compris exige beaucoup de disponibilité et de pouvoir y consacrer beaucoup de temps, aussi je remercie très sincèrement toute l’équipe qui adhère avec moi à cet esprit humaniste qui permet à l’OLES de remplir sa Mission avec dignité mais aussi avec une très grande efficacité, prouvant ainsi qu’humanisme et efficacité sont bien deux choses compatibles.

Pour bien comprendre ce qu’est l’OLES il est très important de rappeler que l’OLES est fondé sur le pluralisme des sensibilités et des opinions respectueuses des valeurs républicaines, ce pluralisme est garanti par un « noyau dur » constitué des deux associations d’intérêt public FdM/ADFE et l’UFE ; pour sa part le président, fidèle à son engagement, met sa disponibilité et ses forces au service de l’OLES pour assurer  la conduite de l’action en dehors de toute considération partisane dans le plus strict respect de l’intérêt général. L’OLES est avant tout « un lieu de dialogue » ou chacun peut agir sans être obligé de nier ses convictions, il n’y a pas d’idéologie dominante, on y partage l’essentiel c’est-à-dire le refus du repli sur soi-même et notre vision d’ouverture au service des autres et du bien commun. Les liens qui unissent les membres du Bureau qui partagent cette culture sont devenus humainement très forts et résultent en une réflexion collective qui engage l’ensemble du Bureau, vous pouvez être assurés qu’ils remplissent la mission que vous leur avez confiée avec compétences, efficacité et beaucoup de cœur.  Cette action est contrôlée par un Conseil d’Administration qui se réunit deux fois par an, il est constitué d’éminentes personnalités qui, elles aussi, représentent la diversité socio-économique et culturelle de notre communauté : présidents de la Chambre de commerce, de l’AFJ, de l’AFFJJ, de l’Amicale des Cuisiniers et Pâtissiers du Japon, du Syndicat de professeurs  SNES-FSU, je tiens à les remercier chaleureusement non seulement pour leur disponibilité mais encore pour les conseils toujours pertinents qu’ils nous prodiguent.

À présent disons quelques mots sur l’Ethique et la Gouvernance de l’OLES Japon. Comme déjà mentionné, l’OLES Japon est une association citoyenne pluraliste et qui poursuit ses travaux dans le dialogue et la concertation élargi en général aux services consulaires chaque fois que nécessaire. Le bénévolat reste la règle absolue, chaque membre du Bureau prend à sa charge ses frais de déplacements et les frais de réunions relatifs aux actions engagées. Ainsi toutes les cotisations et tous les dons reçus par l’OLES Japon sont en totalité destinés à l’action d’entraide et de solidarité ; nos adhérents peuvent donc être assurés que chaque yen de leurs cotisations serviront intégralement à financer les besoins d’aide sociale. Vous ne trouverez aucune ONG plus rigoureuse que cela.

Concernant le montant des aides accordées au cours de cette exercice, il s’élève à 786.993- Yens pour 5 cas sur 32. Comme vous pouvez donc le constater n’y a pas d’assistanat usurpé, le Bureau est extrêmement vigilant sur les engagements financiers qu’il fait prendre à l’OLES. Notre mode opératoire est le suivant, nous avons d’abord comme principe de base, préalablement à l’octroi d’un Prêt d’Honneur  de faire d’abord avec la personne concernée le tour de l’aide qu’il ou elle  pourrait déjà obtenir de sa famille que nous n’hésitons pas à mettre face à ses responsabilités chaque fois que c’est possible et réaliste, ainsi par exemple, dans le cas d’un rapatriement avant de s’engager à payer le billet d’avion, l’OLES interrogera la famille et s’arrangera pour lui faire payer le billet quitte à ce que l’OLES avance le prix en cas d’urgence du rapatriement. Ensuite nous avons également très souvent constaté que les personnes en difficulté au Japon ignorent la plupart du temps les droits qu’ils ont acquis et les aides dont elles peuvent bénéficier auprès de l’administration japonaise : indemnité chômage, aide juridictionnelle ou encore aide sociale au logement. Nous avons à plusieurs reprises réussi à obtenir le bénéfice de ces aides pour des personnes en grande difficulté. Je vous laisse imaginer que ce n’est jamais facile et que cela requiert beaucoup d’énergie et surtout de patience. Ce n’est qu’après avoir fait l’inventaire de toutes ces aides et exploré toutes les possibilités qu’on pourra donc envisager une aide financière de l’OLES et c’est alors que peut intervenir le fameux « Prêt d’Honneur ». Toute aide financière consentie par l’OLES se fait sur la base, au moins symbolique, d’un prêt qualifié de Prêt d’Honneur accordé sans garantie et à taux zéro, de plus le remboursement est souple et adapté à la situation de chacun. Le Prêt d’Honneur est la formule privilégiée par l’OLES car c’est une manière de responsabiliser le bénéficiaire et de pouvoir lui expliquer que ce n’est pas un dû mais une marque de confiance pour favoriser sa capacité à se redresser et à se reconstruire en le sensibilisant au fait que c’est la communauté française qui l’aide grâce au fonds de solidarité qui est géré par l’OLES mais qui en réalité appartient à la communauté française et qu’il devra loyalement en répondre et faire tous ses efforts pour rembourser, car l’argent de la solidarité doit revenir à la solidarité, pour permettre ensuite d’aider à leurs tours d’autres personnes dans le besoin.

Tout cela vous sera confirmé et présenté à votre approbation un peu plus tard par notre Trésorier, Eric Laurens dans son rapport financier qui a été vérifié et validé par notre Auditrice Christine Meguro que je tiens aussi à remercier chaleureusement car tous les membres du Bureau, comme notre Auditrice, ont aussi une vie professionnelle et familiale, cela doit être aussi mentionné pour mesurer la valeur de leur engagement à servir l’OLES.

Si la Solidarité n’a pas de prix elle a toutefois un coût.  Aujourd’hui le fonds de solidarité est bien pourvu grâce à la « réserve parlementaire » qui existait encore au moment de la création de l’OLES en 2015 et auquel à l’époque ont contribué 10 sénateurs sur 12 représentants les Français établis hors de France ainsi que le député d’alors de la 11ème circonscription pour un montant total de 63.000-€. Si, aujourd’hui, le fonds de l’OLES est bien abondé, de l’ordre de 12 millions de Yens, c’est donc en grande partie grâce à nos élus nationaux ce qui donne à l’OLES une personnalité tout à fait à part dans le réseau associatif car nous gérons en grande partie des fonds publics. Aujourd’hui la magie de l’argent public est finie.  Nous savons que les choses peuvent aussi se dégrader très vite dès lors qu’il n’y a plus de « réserve parlementaire » pour abonder le fonds de solidarité et que l’on constate année après année un accroissement des cas traités par l’OLES. Aussi avons-nous le devoir d’anticiper pour réussir à maintenir le fonds de solidarité à un niveau respectable sachant qu’en l’absence de don de caractère institutionnel ce n’est pas avec la contribution annuelle des adhérents dont la cotisation de base est fixée à 1000-Yens que l’on alimentera le fonds de solidarité. Les adhérents ont un autre rôle, leur adhésion cautionne un projet commun, promouvoir une communauté qui soit un espace de vie dans lequel prédomine les valeurs humaines qui nourrissent la motivation de tous à vivre ensemble avec une vision collective d’un même destin.  Il nous faut donc anticiper et réfléchir à d’autres actions permettant de faire appel à la générosité de nos compatriotes si possible de façon non contraignante et plutôt conviviale car c’est aussi cela une communauté vivante et unie, une capacité à se réunir pour partager ; cette année l’OLES a donc organisé le 12 mars le Cassoulet de la Solidarité au restaurant Pachon avec la généreuse contribution du Chef propriétaire André Pachon, ce fut une soirée chaleureuse et pleine de bienveillance à laquelle ont participé 120 personnes, animée par Patrick Nugier avec la participation de Sublime, soirée à laquelle était présent notre Ambassadeur, visiblement avec joie, je les en remercie. Cette soirée a permis de récolter au total 700.000-Yens entre le diner et les dons reçus à cette occasion. Nous reconduirons certainement le Cassoulet de la Solidarité en 2019.

Autre contribution de fonds publics, reçue par l’OLES en 2018 une subvention de la CCPAS de 1500-Euros, je remercie l’Ambassadeur et le Consul d’avoir bien voulu soutenir cette demande. C’est autant le montant qui importe que la reconnaissance et la caution des pouvoirs publics que cela représente pour les bénévoles de l’OLES et qui leur donne une motivation morale supplémentaire à poursuivre leur mission.

Enfin, dans le cadre du projet STAFE, l’OLES a aussi pu bénéficier en 2018 d’une subvention de 4500-€ afin de réaliser un livret d’information sur les aspects juridiques et interculturels du mariage franco-japonais, qui sera composé d‘une part du contenu de trois conférences organisées cette année à Tokyo par Français du Monde avec le concours du Barreau du Tokyo, et d’autre part des résultats d’une étude de caractère sociologique sur les caractéristiques socio-culturelles des couples franco-japonais et ce que cela comporte comme ajustements culturels de la part des conjoints pour qu’une union soit réussie. Cette étude sera conduite sous la direction de Jean-Michel Butel, présenté par l’UFE, sociologue et anthropologue spécialiste du sujet et qui a été pensionnaire à la Maison Franco-Japonaise. L’Association des Familles Franco-Japonaises du Japon sera également partenaire de ce projet.

Au vu du nombre de cas de conflits parentaux parmi les couples franco-japonais traités par le Bureau de l’OLES très souvent en liaison avec le consulat, nous avons considéré que ce sujet était devenu un sujet majeur pour notre communauté avec un accroissement important des mariages franco-japonais et qu’il convenait non pas de décourager les candidats au mariage mais de bien les informer de ces différences culturelles qui peuvent influencer la vie des couples car au final en cas de conflit ce sont les enfants qui deviennent l’enjeu de la dispute et très souvent les pères français qui sont victimes de la jurisprudence japonaise qui n’accorde pas la garde partagée. Monsieur l’Ambassadeur connait  très bien le sujet car il est aujourd’hui le principal intervenant parmi ses collègues ambassadeurs pour intervenir auprès du Ministre de la Justice Japonais pour demander au Japon selon la Charte des Nations Unies de reconnaître enfin les droits de l’enfant, en particulier de pouvoir connaitre ses deux parents, nous l’en remercions très sincèrement car cette situation de fait  conduit de nombreux pères français à des conduites désespérées comme nous en avons été dernièrement les témoins.

C’est aujourd’hui pour finir que Maitre Ayano Kanezuka aurait dû normalement vous présenter et vous demander d’approuver nos nouveaux statuts pour passer en Ippan Shadan Hôjin dont le principe avait été acté lors de notre dernière Assemblée Générale du 18 mai 2017 mais notre réflexion n’est pas encore tout à fait mure ni terminée et nous avons encore quelques hésitations sur la forme juridique. Nous ne sommes donc pas prêts et nous préférons donc humblement vous en informer. L’Assemblée Générale ne consiste pas uniquement à faire l’hagiographie de l’OLES, elle est aussi faite pour reconnaître et avouer ses points faibles. L’OLES est à l’évidence beaucoup plus prompt à répondre aux cas d’urgences humaines qu’à traiter les dossiers administratifs, nous aurons à nous améliorer dans ce domaine et nous comptons bien sur nos Administrateurs pour nous y rappeler.  Comme cela avait déjà été expliqué avoir un statut de Ippan Shadan Hôjin ne changera rien de l’Esprit dans lequel l’OLES continuera à mener sa mission mais l’obligera à un peu plus de contraintes administratives et comptables ; surtout cela doit permettre à l’OLES de sortir de la clandestinité par rapport à la réglementation japonaise, et de pouvoir clarifier la situation sur le plan financier et fiscal sachant que la banque s’interroge toujours sur l’identité réelle du compte de l’OLES, nous obtiendrons ainsi une totale transparence. Parmi les autres avantages d’avoir un statut juridique officiel, cela facilitera aussi les dossiers administratifs côté français ; chaque fois que, par exemple, nous faisons une demande de subvention au Ministère (MAE) il est demandé quel est le statut juridique de l’association sachant que le Ministère est plus à l’aise pour accorder une subvention à un organisme qui a une existence juridique. Un statut officiel permettra également de recevoir plus facilement les dons de mécènes qui pourront être partiellement défiscalisés. De plus, j’espère que cela ne sera jamais le cas, mais ce statut nous protègera aussi en cas de recours malveillants.

Nous allons donc nous remettre à l’ouvrage dès la semaine prochaine pour continuer à travailler sur nos nouveaux statuts et je demanderai pour cela le concours du Conseil d’Administration. Comme Ayano Kanezuka vous l’expliquera, ces statuts ne devraient pas être très différents des statuts actuels puisque ceux-ci avaient déjà été rédigés dans la perspective de cette évolution vers un possible enregistrement officiel en Ippan Shadan Hojin. Nous visons un enregistrement courant janvier 2019. Comme ce n’est pas dans l’esprit du Bureau de l’OLES de faire passer ces statuts par ordonnance ou en faisant appel au 49-3, je voudrais donc vous demandez de bien vouloir accorder mandat au Conseil d’Administration pour approuver ces nouveaux statuts dès qu’ils seront prêts si non nous devrions soit convoquer une Assemblée Générale Extraordinaire ce qui serait un peu fastidieux soit reporter l’approbation à la prochaine Assemblée Générale Ordinaire dans un an. Je vous remercie de votre compréhension et de votre bienveillance et je vous laisse donc décider en bonne intelligence sachant que ce qui prime avant tout c’est toujours l’intérêt général et la conscience collective qu’on en a.

Merci de votre attention et de votre présence cet après-midi et merci bien sûr de continuer à soutenir l’OLES. En conclusion de ce rapport moral je tiens à ce que nous méditions ensemble cette pensée de Martin Luther King :

« C’est à chacun d’entre nous de décider s’il marchera dans la lumière de l’altruisme créatif ou dans les ténèbres de l’égoïsme destructeur. »

Yves Alemany
Tokyo, 8 Décembre 2018

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