Message de NOËL et du NOUVEL AN du Président de l’OLES-Japon

Message de NOËL et du NOUVEL AN du Président de l’OLES-Japon

Fidèle à mon habitude et en toute simplicité, comme chaque année, je me prépare à partager avec vous mon message de Noël et de Nouvel An.

Par ces temps incertains, que le langage est compliqué et difficile ! Je dois pourtant m’y risquer puisque vous m’attendez.

Sans chercher à vouloir commenter l’actualité, mais on ne peut pas non plus rester sourd aux débats de société, la première réflexion qui me vient à l’esprit est que le premier Noël, le Premier Matin du Monde, était un acte subversif. On était déjà en « état d’urgence », il fallait déjà sauver le monde et pour cela la proposition était déjà la « mondialisation heureuse » !  C’est ce que devait nous apporter le Christianisme.

Deux mille ans plus tard, « l’état d’urgence » demeure persistant, nous arrivons en cette fin d’année à bout de souffle : crise financière, morale, sociale, politique, écologique, identitaire et culturelle et tout n’a pas encore été dit sur la détresse et la misère humaine, la précarité et la pauvreté. Rien ne protège plus de la violence, de la peur, de la précarité, de la misère morale, matérielle et affective. Il faut entendre ce drame, l’angoisse règne, le vertige du vide attire.

Quand tout va mal, on appelle à la trêve pour Noël, on souhaite que le temps suspende son vol le temps nécessaire pour retrouver un peu de calme et de sérénité.

A l’origine, à Noël, bien avant l’avènement du Christianisme, on célébrait le culte du Soleil à l’occasion du solstice d’hiver. Puis on a ensuite salué la naissance de Jésus comme « la Lumière du Monde » mais on a crucifiée « la lumière » ! Plus tard les « philosophes des Lumières » ont voulu prendre la relais mais à leur tour ils furent dénigrés et combattus. Il me semble que notre monde n’a jamais autant eu besoin de Lumière. « Mehr Licht », plus de lumière, réclamait Goethe au moment de rendre l’âme, on peut imaginer à quelle Lumière il faisait référence. C’est plus au mythe de Sisyphe qu’à celui de Prométhée que l’humanité est aujourd’hui confrontée. La vie des hommes est tissée de bonheur et de malheur, il n’y a pas de joie qui ignore la peine.

Au cœur des hommes l’attente reste toujours aussi forte, la « Promesse » est toujours aussi attendue, mais, au final, cette promesse d’un monde plus juste et plus équitable apparait de plus en plus dérisoire à un trop grand nombre dans un monde de plus en plus anxiogène, égoïste et violent. En vérité « la Promesse » ne peut venir que de ceux- là mêmes auxquels elle s’adresse ! On arrive à un moment de rupture et pour éviter que la « mondialisation heureuse » devienne un cauchemar pour certains, il nous faut dûment retrouver l’Esprit de Noël, réhabiliter « la Christmas Attitude », éloignée de tout clivage idéologique qui pendant des années a su allier sans que cela fasse polémique l’espérance chrétienne à l’idéal républicain d’Egalité et de Fraternité. La Liberté de conscience étant de remplir notre devoir d’homme et de citoyen à l’égard des plus faibles et des plus démunis.

S’il y a beaucoup de désespoir, il y a aussi beaucoup d’espoir. Le chaos est à l’origine du big bang et nous avons besoin d’un grand big bang moral non seulement pour remobiliser les esprits mais aussi redonner au citoyen le sens de la responsabilité et de l’engagement. Chacun doit y prendre sa part, c’est la Mission que l’OLES s’efforce de remplir tout au long de l’année en liaison avec l’Ambassade et le Consulat pour aller à la rencontre de nos compatriotes les plus fragiles, en situation de détresse morale ou matérielle ; en 2018 l’OLES a été sollicité trente huit fois.

En cette période de fêtes, c’est le moment où la solitude est ressentie de la manière la plus dure ; l’attention de l’OLES se porte vers nos compatriotes isolés, éloignés ou privés de leur famille, vers ceux qui sont à l’hôpital, vers ceux qui fêteront Noël en garde à vue ou en prison, les plus célèbres comme les plus modestes méritent notre attention. Nous aurons aussi une pensée émue et pleine de compassion pour la famille de Tiphaine tragiquement disparue à Nikko au début de l’été avec laquelle nous sommes unis et solidaires et aussi pour la famille de Théophile. Mais heureusement il n’y pas eu que des drames et des malheurs, il y a eu aussi des moments jubilatoires comme la soirée du Cassoulet de la solidarité à laquelle 120 personnes ont participé.  2018 c’était aussi le 160ème anniversaire des relations Franco-Japonaises et nous affirmons aussi notre solidarité avec notre Pays d’accueil, Noël doit être aussi un temps de partage et d’échanges pour renforcer l’amitié franco-japonaise.

Nos perspectives et nos engagements pour 2019, continuer à encourager le lien social et le désir d’être ensemble, faire vivre avec force et vigueur les valeurs d’égalité et de fraternité au sein de notre communauté française du Japon, continuer à renforcer le projet collectif et fédérateur de l’entraide et de la solidarité comme fond commun de notre humanité partagée. Nous serons bien sûr confrontés à de nouveaux problèmes ou à d’anciens problèmes qui perdurent comme la garde partagée des enfants privés de l’un de leurs parents à la suite d’un divorce mais soyez assurés que l’OLES renforcé dans sa volonté d’agir par ses nouveaux statuts de « ippan shadan hojin » poursuivra sa mission avec la même détermination et le même cœur.

JOYEUX NOËL et BONNE ANNEE

Bien cordialement

Yves ALEMANY
Président OLES Japon

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