C’est aujourd’hui Pâques !

C’est aujourd’hui Pâques !
Jour essentiel pour une grande partie de l’humanité mais aussi pour tous, chrétiens ou non, l’occasion de réfléchir à la symbolique de ce jour dans le contexte de crise que nous traversons.  Alors que le coronavirus perturbe en profondeur notre façon de vivre, non seulement le calendrier mais surtout  le chant des oiseaux au dehors, alors que nous restons  confinés à l’intérieur, nous rappelle que c’est tout de même aujourd’hui Pâques car la nature sait rester calme et constante face au danger de l’épidémie.

La période de confinement que nous vivons, requise par les autorités politiques mais aussi dictée par la raison et le bon sens est nécessaire pour enrayer le développement du virus, elle perturbe néanmoins  considérablement notre façon de vivre et engendre souvent  l’isolement et la solitude.

On avait généralement l’habitude de fêter Pâques en famille et, avec les amis, de faire les premières sorties au jardin ou même de s’aventurer un peu plus loin dans la campagne car c’est le moment où la nature s’éveille, où  les arbres sont en fleurs, où les jonquilles fleurissent dans les prés, où les oiseaux chantent, où le lilas embaume …c’est la saison des amours et, Pâques est la saison de l’Amour !

On se retrouve donc tous un peu frustrés et démunis face à ce que nous impose cette crise mais aussi face à nous mêmes dans le confinement.

La lutte contre l’épidémie  est collective, nos comportements individuels et collectifs sont importants pour assurer la sécurité sanitaire de chacun d’entre nous. Pensons en particulier à tout le personnel médical et aux soignants qui sont tous les jours au contact des malades  mais aussi à tous les agents de la fonction publique comme les policiers, les militaires, les pompiers, les ambulanciers, ceux des services publics, des transports urbains,  des commerçants etc…tous ceux qui s’exposent ‘’pour que la vie continue malgré tout’’.

Cette crise est l’occasion de repenser collectivement notre vivre ensemble, nos défenses immunitaires doivent être non seulement  renforcées contre le virus mais aussi contre l’égoïsme, l’exclusion, le silence et la solitude. Des initiatives extraordinaires ont été prises et mises en application en très  peu de temps tel que le téléenseignement ;  félicitations aux proviseurs et aux professeurs de nos lycées à Tokyo et à Kyoto et, bravo aussi aux élèves et aux parents d’élèves pour leur adaptation non moins remarquable, ce n’était pas évident pour eux. L’ambassadeur, ses collaborateurs  et les consulats à Tokyo et à Kyoto sont aussi très impliqués depuis le début  sur le front de la lutte contre le coronavirus ; il y a quelques jours encore une nouvelle initiative était prise par l’ambassade concernant la mise en place exceptionnelle d’une cellule de crise médicale et psychologique d’urgence dont fait partie l’OLES afin de pouvoir anticiper le pire face à l’évolution de l’épidémie puisque, ici au Japon, on estime qu’elle n’a pas encore atteint son pic. Nos trois conseillers consulaires sont également présents sur le front du coronavirus et collaborent ensemble pour informer régulièrement notre communauté  des dispositions qui peuvent leur permettre de mieux traverser cette période compliquée. Tout le tissu associatif est du reste aussi en éveil permanent et remarquablement mobilisé.

Cette crise aura donc été l’occasion pour  adapter collectivement nos efforts afin de combattre l’épidémie et pour déjà commencer à réfléchir à la façon de mutualiser notre force de résilience pour la suite, car nous devons dès à présent déjà penser à l’après crise, elle se prépare dès maintenant tandis que les esprits sont toujours mobilisés. Sans doute devrons-nous ainsi  repenser beaucoup de choses par rapport à notre modèle de vie d’avant et revoir les fondamentaux économiques en y introduisant une plus grande part de social et d’écologie sans toutefois succomber à l’utopie. Ce que sera le monde après le coronavirus dépendra beaucoup de la façon dont la ‘’solidarité de crise’’ résistera à l’individualisme de chacun dès que le confinement aura été levé car si l’on en croit les prévisions de récession, la solidarité devra se prolonger bien au delà de la crise après que le Covid-19 ait été vaincu. Il me semble que les plans de la relance économique, bien entendu indispensables, devront absolument s’inscrire très largement dans un contexte humaniste car nous devons avoir  compris que notre bonheur et notre bien-être ne dépendent plus uniquement du taux de croissance du PIB et qu’avant que notre société ne se radicalise il faudrait songer en urgence  à réduire les inégalités afin de parvenir à atténuer au maximum les tensions sociales.

Le chemin est encore long, profitons donc de la Fête de la Lumière pour commencer à y réfléchir et JOYEUSE FÊTE DE PÂQUES à toutes et à tous.

Yves Alemany
Président OLES Japon